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Qu’est-ce qui nourrit l’ardeur d’une femme à regarder par-delà l’épaule d’un homme ? Que cet au-delà prenne les allures de l’Autre femme, ou encore du père mort ou de l’amant châtré, c’est un horizon qui se doit de le demeurer, sous peine de voir se tarir l’ardeur, autre nom du désir. L’Autre femme l’est de par sa prestance, résolument inatteignable. On comprend ainsi la vigueur de Dora à s’insurger contre ce qui ferait redescendre Mme K. de son piédestal : qu’elle reste cette Autre femme, joyau intact qui attise le désir, afin de pouvoir rester en quête de substance.

L’intérêt pour l’intrigue, ce qui noue à deux, à trois ou à plusieurs, ce qui s’organise en scènes, ou en saynètes, qu’Ibsen ou Feydeau en donnent le style, démontrent cette appétence pour la comédie des sexes, où le phallus joue le premier rôle.

Qu’est-ce qui miroite dans la passion des femmes pour l’objet, qu’elles le veuillent à tout prix ou bien qu’elle s’y prêtent, jusqu’à l’incarner, avec leurs corps et leurs atours ? Car si cet objet n’est jamais le bon, si les frous-frous, les robes et les brillants ont un goût de trop peu, c’est que l’objet cause remue, donnant le la du désir.

Du défaut structural du symbolique, de ce vide d’être qui donne de l’air, de cette absence qui permet que se joue la partition du désir, s’ouvre une voie qui est au-delà du phallus. Voies féminines, tout aussi bien, dont le pluriel est enseignant. Au-delà de la consistance de l’être, suivre l’allant de l’existence.

Les rubriques L’Autre femme, Liberté et solitude, Entre deux hommes et Femme objet, donnent le tempo. Les différentes rubriques du blog ayant été présentées, le prochain numéro de Midite ouvre dès à présent la voie aux textes. Alors, à vos stylos, plumes et claviers !