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Et voilà, c’est parti ! La News Letter du blog des J49 paraîtra hebdomadairement jusqu’au jour J. Dans les semaines qui viennent, vous découvrirez les textes de présentation des rubriques : Mon corps, Folies amoureuses, Liberté et solitude, Entre deux hommes, Érotisme féminin, Ravage et ravissement, Femme objet, L’Autre femme, Le vide et le rien, Refus du féminin, Madre donna, Intrigues-intrigantes, Pouvoir et puissance.

Chacune sera orientée par un responsable choisi sur mesure qui campera, à l’aune des concepts lacaniens, dans un style singulier, le thème qui lui a été confié. Treize au total. Autant de facettes du féminin, pas-toutes, dont on répète pourtant à l’envi qu’il a affaire avec l’indicible selon la formule consacrée de Lacan : La femme n’existe pas [1]. Entendez, il n’y a pas d’universel féminin. La femme n’existe pas ne signifie pas que le lieu de la femme n’existe pas, mais que ce lieu demeure essentiellement vide : « Que ce lieu reste vide n’empêche pas que l’on puisse y rencontrer quelque chose […] Nous appelons semblant ce qui a fonction de voiler le rien. […] nous appelons femmes ces sujets qui ont une relation essentielle avec le rien » [2]. Masquer le rien, le vide et parfois l’innommable, n’est-ce pas là vertu féminine ? Métaboliser le rien, le transformer pour s’en servir ̶ dans le meilleur des cas ̶ car le vide peut aussi se faire gouffre.

Dans sa préface à l’Éveil du printemps de Frank Wedekind [3], Lacan fait de l’homme masqué un nom qu’il élève à la fonction de Nom-du-Père : « Pas de Nom qui soit son Nom-Propre, sinon le Nom comme ex-sistence. Soit le semblant par excellence. Et l’ʺHomme masquéʺ dit ça pas mal. Car comment savoir ce qu’il est s’il est masqué, et ne porte-t-il pas masque de femme, ici l’acteur ? » [4]. Il poursuit : « Le masque seul ex-isterait à la place de vide où je mets La femme. En quoi je ne dis pas qu’il n’y ait pas de femmes. » [5] Dans ce drame, L’Homme masqué qui apparaît à la fin, arrive de justesse pour sauver Melchior, l’un des protagonistes de la pièce, « d’une position où le sujet se fait la proie d’un Autre tout puissant » [6].

L’Homme masqué parle et se propose comme nom à la place béante du réel qu’a ouvert pour Melchior la rencontre avec l’autre sexe. L’arrachant à la tombe il lui propose plutôt de venir prendre un bon repas. Le masque représente le semblant dont les femmes ont le secret du maniement. Médiation, arrangements, pragmatisme, leur sont sans doute plus accessibles ̶ d’être moins collées au phallus dont elles se servent à l’occasion sans l’avoir mais pas sans l’être ̶ chacune à sa façon. Ce savoir-y-faire n’est-il pas l’un des suppléments dont elles jouissent de n’être pas-toutes dans la fonction phallique ? Osons le dire mais arrêtons-nous là. Il y aurait tellement à dire en suivant la boussole de Lacan : ce sera l’objet du blog où nous ne reculerons pas face à l’indicible. Nulle impuissance à dire, il s’agira plutôt de cerner l’impossible dans un bien-dire.

Parlons des femmes, des figures de femme : les intrigantes, les ravagées, les vraies, les séductrices, les mères, les solitaires, les puissantes, les pauvres, les riches, les amoureuses…

Elles seront héroïnes, personnages principaux ou seconds rôles. Elles seront celles que l’on filme, que l’on sculpte, que l’on peint ou dépeint. Celles dont on parle et celles qui parlent, écrivent, dessinent… Celles qui furent analystes ou celles dont la littérature analytique a fait grand cas. Autant de façons d’aborder le thème des J49 « Femmes en psychanalyse », le contourner sans le déflorer…

Petite précision : les cas cliniques ne seront pas présentés sur le blog mais réservés aux simultanées des Journées.

Alors, allez-y ! À vos plumes !

 

1 Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 68.
2 Miller J.-A., « Des semblants dans la relation entre les sexes », La Cause freudienne, n° 36, Paris, Navarin/Seuil, mai 1997, p. 7.
3 Wedekind F., L’Éveil du printemps, Paris, Gallimard, 1974.
4 Lacan J., « L’Éveil du printemps », préface à Wedekind F., L’Éveil du printemps, Paris, Gallimard, 1974, p. 12.
5 Ibid.
6 Malengreau P., « L’homme masqué », Quarto, n°40-41, octobre 1990, p. 45.